Les événements

Création de la zone occupée et de la zone libre (22 juin 1940)

Après la défaite française de Juin 1940 un armistice est signé. Parmi les conditions imposées au vaincu, la France est divisée en deux zones principales, séparées par une ligne de démarcation.

Les troupes du Reich nazi occupent la zone Nord et la façade atlantique (soit environ 60 % du territoire). De l’autre côté de la ligne de démarcation, c’est la France dite « libre » dirigée par le Maréchal Pétain et un gouvernement installé à Vichy. On préfère aujourd’hui l’expression « Zone non occupée » (à l’époque, on disait aussi : la « Zone Nono »).

Source : carte établie d’après celle d’Yvain Roué et Philippe Grange-Ponte, 2001-2012, La France après l’armistice de 1940 © Cartographie Réseau Canopé, 2016

La ligne de démarcation : une France coupée en deux (1940-1942)

C’est lors de la signature de l’armistice, le 22 Juin 1940, qu’est imposée une ligne de démarcation qui coupe la France en deux. Si les troupes d’occupation occupent la partie située au nord c’est d’abord pour contrôler les côtes françaises et empêcher toute possibilité de débarquement que pourraient organiser des alliés de la France vaincue. Il s’agit également de contrôler toute la zone frontière qui sépare la France de l’Allemagne. Dans la Zone Occupée, ce sont donc les allemands qui administrent le pays et le drapeau à croix gammée flotte sur tous les bâtiments publics. Une autre raison pour laquelle les Allemands occupent la moitié nord c’est parce que c’est la partie la plus peuplée et la plus riche du pays.

C’est un moyen pour eux de s’approprier les richesses du pays occupé. La ligne de démarcation court donc depuis la frontière Franco-Suisse jusqu’au Pays Basque et la frontière espagnole (au sud des Pyrénées se trouve l’Espagne, pays officiellement neutre mais gouverné par le général Franco et son gouvernement « ami » des Nazis).

Sur près de 1 200 km, la ligne de démarcation traverse en tout treize départements : Ain, Jura, Saône-et-Loire, Allier, Cher, Loir-et-Cher, Indre-et-Loire, Vienne, Charente, Dordogne, Gironde, Landes et Basses-Pyrénées (renommées, en 1969, Pyrénées-Atlantiques). C’est une véritable frontière soumise à des contrôles intensifs et qu’on ne peut traverser à sa guise. Cette situation a donné lieu à de nombreuses activités et passages clandestins.

A partir de 1941, suite à l’évolution de la guerre, les armées du Reich vont fortifier les côtes depuis le sud de la France jusque dans les pays scandinaves qu’ils occupent. C’est le mur de l’Atlantique. La bande côtière devient zone interdite à son tour.
En Novembre 1942, pour défendre les côtes du sud après que les alliés ont débarqué en Afrique du Nord, les troupes allemandes franchissent la ligne de démarcation et envahissent la zone libre. A partir de cette date, la France entière est occupée.

Cartes et tickets de rationnement

Conséquence directe de l’occupation allemande et de l’arrêt des échanges commerciaux, la France connaît, dès 1941, une période de pénurie qui va déboucher sur la mise en circulation de cartes de rationnement. La première carte, mise en place le 1er juillet 1941, concerne les produits textiles. La seconde, un mois plus tard, s’intéresse au tabac. L’alimentation suivra. 


Dès la fin 41, tous les biens de consommation ne pourront être acquis qu’en échange de tickets attribués aux citoyens en fonction de la catégorie à laquelle ils appartiennent (de E, les nouveau-nés, à V, les vieillards, sans oublier les jeunes, J, ni les adultes, A…). 


Ces tickets n’exonéraient pas les citoyens de payer les produits en espèces sonnantes et trébuchantes. Leur généralisation visait à une répartition équitable des produits entre tous. 
Dans l’impossibilité de consommer sans carte de rationnement, les clandestins doivent parvenir à s’en munir. Ces cartes vierges volées dans les mairies doivent être remplies et tamponnées. Là commence le travail des faussaires.

La ligne de démarcation a été supprimée le 1er mars 1943, trois mois après l’invasion de la zone sud par les troupes allemandes.

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